Pourquoi la grotte Cosquer est-elle associée aux pingouins ? Découverte, art pariétal et histoire
La grotte Cosquer abrite les plus anciennes représentations de grands pingouins jamais découvertes.
- Trois spécimens de grands pingouins sont peints sur les parois.
- Ils constituent la première figuration de pingouins dans l’art quaternaire.
- Dessinés il y a 20 000 ans, ils représentent l’espèce disparue Alca impennis.
- Des ossements d’Alca impennis ont aussi été retrouvés dans la grotte.
- Seulement 8 % des 179 animaux figurés sont des créatures marines.
- Neuf phoques complètent ce bestiaire marin unique du Paléolithique.
L’art pariétal de la grotte Cosquer : les animaux représentés
- 179 animaux peints ou gravés sur les parois
- 8 % d’animaux marins dans l’effectif total
- Trois grands pingouins et neuf phoques figurés
- Chevaux, bisons, cerfs terrestres en majorité
- Première figuration de pingouins dans l’art quaternaire
Les parois de la grotte Cosquer abritent un bestiaire exceptionnel de 179 animaux comptabilisés. Parmi eux, 8 % seulement sont des créatures marines, une proportion unique dans l’art paléolithique. Les autres représentations sont majoritairement des chevaux, bisons, cerfs et bouquetins qui illustrent la faune terrestre de l’époque glaciaire.
La spécificité de la grotte tient à ses figures marines : trois grands pingouins et neuf phoques côtoient des méduses, des poissons et des cétacés, à l’image de la tradition du nougat qui s’est ancrée en Provence grâce aux amandiers. Les trois pingouins, peints au plafond et sur la paroi droite, constituent la plus ancienne représentation connue de cet oiseau dans l’art quaternaire, datée d’environ 20 000 ans. Le grand pingouin (Alca impennis), aujourd’hui disparu, a ainsi été immortalisé par les artistes préhistoriques bien avant son extinction au XIXe siècle.
L’ensemble des 500 représentations pariétales recensées témoigne d’une diversité rare, où la faune marine côtoie les grands mammifères terrestres. Cette combinaison fait de Cosquer un site sans équivalent dans l’art paléolithique européen.
Les animaux marins : phoques et pingouins

Les grands pingouins de la grotte Cosquer
- Trois spécimens peints sur les parois
- Plus anciennes représentations de grands pingouins dans l’art pariétal
- Ossements d’Alca impennis retrouvés dans la grotte
- Situé au plafond côté droit, visible encore aujourd’hui
Ces trois grands pingouins (Alca impennis) sont une rareté exceptionnelle dans l’art paléolithique. Le trait des artistes préhistoriques est si précis que les ornithologues reconnaissent sans hésiter l’espèce. La plus ancienne figuration date d’environ 20 000 ans, ce qui en fait le plus vieux portrait de grand pingouin jamais découvert. L’oiseau, aujourd’hui disparu, mesurait près d’un mètre et ne volait pas. Sur les parois de la grotte Cosquer, il apparaît aux côtés de chevaux, de bisons et de cerfs, mais sa présence reste unique dans tout l’art quaternaire.
Les 9 phoques représentés complètent ce bestiaire marin. Contrairement aux pingouins, les phoques sont figurés dans des postures variées, parfois dressés sur leurs nageoires comme s’ils sortaient de l’eau. Avec les trois pingouins, ils forment l’essentiel des 16 animaux marins comptabilisés sur les parois humides.
Les autres espèces marines représentées
Outre les phoques et les pingouins, les artistes de la grotte Cosquer ont dessiné des méduses, des poissons et même des cétacés. Ces motifs, bien moins nombreux, apportent une touche d’étrangeté à cet univers sous-marin. Les méduses, en particulier, montrent un trait étonnamment réaliste avec leurs tentacules ondulants. Au total, 8 % des 177 animaux peints ou gravés sont des espèces marines. Ce pourcentage, modeste en apparence, est en réalité considérable : aucune autre grotte ornée paléolithique ne consacre une telle part au monde aquatique. Les chercheurs pensent que ces choix reflètent un environnement côtier très présent dans la vie quotidienne des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur. La mer, alors située 120 mètres plus bas, offrait une faune abondante et variée, dont ces œuvres d’art gardent la mémoire.
La découverte et l’histoire de la grotte Cosquer
La grotte Cosquer est découverte en 1985 par le plongeur Henri Cosquer, mais elle n’est officiellement déclarée qu’en 1991, tout comme la légende du tarasque a marqué l’imaginaire provençal. Son entrée immergée, située à 37 mètres sous la mer, la rend unique au monde.
Le 1er septembre 1991, un triple accident mortel de plongeurs alerte les autorités. La grotte est alors classée monument historique le 2 septembre 1992. Elle devient la seule grotte ornée paléolithique du sud-est de la France.
Entre 1992 et 2012, 41 échantillons sont prélevés pour datation au carbone 14. Au total, 60 datations confirment deux phases d’occupation : une première vers -27 000 ans et une seconde vers -19 000 ans.
Contexte géologique et montée des eaux
| Période | Niveau marin | Occupation humaine |
|---|---|---|
| Dernière glaciation (v. -33 000 à -19 000 ans) | 120 m plus bas qu’aujourd’hui | 33 000 bp : début de fréquentation 19 000 bp : fin de fréquentation |
| Première phase artistique | Niveau encore très bas | Peintures datées à -27 000 ans |
| Seconde phase artistique | Niveau remontant lentement | Peintures datées à -19 000 ans |
| Période actuelle | 37 m d’eau à l’entrée | Entrée immergée ; grotte non visitable |
Il y a 20 000 à 30 000 ans, le niveau de la Méditerranée était bien plus bas qu’aujourd’hui. Les îles de Riou, visibles depuis la côte, étaient alors accessibles à pied sec. La grotte Cosquer se trouvait à plusieurs kilomètres du rivage, perchée au-dessus d’une plaine côtière fertile. C’est dans ce paysage glaciaire que les sociétés paléolithiques ont fréquenté la cavité pendant près de 14 000 ans, de 33 000 à 19 000 ans avant le présent, tout comme la recette de gibassier se transmet de génération en génération.
Les scientifiques ont réalisé 60 datations au carbone 14 sur 41 échantillons prélevés entre 1992 et 2012, tout comme les lentilles d’eau disparaissent en hiver pour mieux renaître au printemps. Ces analyses confirment deux grandes périodes d’occupation : une première autour de -27 000 ans et une seconde vers -19 000 ans. Entre ces deux phases, la fréquentation humaine a été quasi ininterrompue, comme en témoignent les 179 animaux comptabilisés sur les parois humides.
Aujourd’hui, la mer monte d’environ 3 mm par an dans les Calanques. L’entrée de la grotte se trouve désormais à 37 mètres sous la surface, et 4/5 de la cavité sont déjà engloutis. Sans une réplique comme Cosquer Méditerranée, il serait impossible pour le public d’admirer ces œuvres uniques. Les archéologues mènent des relevés tridimensionnels depuis 2017 pour conserver numériquement chaque détail avant que l’eau n’efface à jamais ces traces du passé.
Visiter la réplique : Cosquer Méditerranée
- Grotte originale non visitable l’entrée immergée à 37 mètres de profondeur et la fragilité des parois interdisent tout accès au public.
- Réplique ouverte au public le centre Cosquer Méditerranée, à Marseille, restitue fidèlement les 179 animaux et les deux phases de peinture.
- Durée : 35 minutes la visite guidée immersive plonge le visiteur dans l’atmosphère de la cavité d’origine.
- Base sous-marine imaginaire reconstituée le parcours commence par une descente qui simule la plongée vers l’entrée, puis déroule les panneaux pariétaux dans leur contexte géologique.
- Réservation sur grotte-cosquer.com les créneaux sont limités pour garantir une expérience de qualité.
Cette restitution permet de découvrir les trois grands pingouins peints au plafond, les 9 phoques et les autres espèces marines qui représentent 8 % du bestiaire total. La scénographie reproduit la montée des eaux de 3 mm/an qui menace l’original, et le visiteur prend conscience de l’urgence de la conservation. Les 60 datations au carbone 14 obtenues sur 41 échantillons sont intégrées aux panneaux explicatifs, reliant chaque dessin aux périodes d’occupation, entre -33 000 et -19 000 ans.
La réplique offre donc une alternative unique pour admirer les 179 animaux des parois humides sans risquer la détérioration du site classé monument historique depuis 1992.
Les menaces et la conservation de la grotte Cosquer
La plus grande menace qui pèse sur la grotte Cosquer est la montée des eaux dans les Calanques, estimée entre 2,5 et 3 mm par an. Ce phénomène a déjà englouti les 4/5 de la grotte d’origine. L’entrée, située à 37 mètres de profondeur, est aujourd’hui totalement immergée.
Face à cette destruction inévitable à long terme, les scientifiques ont lancé un relevé tridimensionnel en 2017 pour numériser chaque détail des parois. Les 60 datations au carbone 14, réalisées sur 41 échantillons prélevés entre 1992 et 2012, ont permis de documenter l’urgence de la situation.
Pour préserver ce patrimoine unique, une réplique immersive a été construite à Marseille. Elle offre au public une visite de 35 minutes, tout en laissant les scientifiques travailler sur l’original, aujourd’hui condamné par les eaux.
Les sociétés paléolithiques et la fréquentation de la grotte
Les hommes et femmes du Paléolithique ont fréquenté la grotte Cosquer de façon quasi ininterrompue pendant environ 14 000 ans. Le début de cette occupation humaine est estimé à 33 000 bp, tandis que la fin se situe vers 19 000 bp. Ces deux grandes périodes correspondent aux deux phases de peintures, datées respectivement à -27 000 ans et -19 000 ans.
Pour établir cette chronologie fine, les archéologues ont réalisé 60 datations au carbone 14. Au total, 41 échantillons ont été prélevés entre 1992 et 2012 sur les parois et les sols. Ces analyses montrent une fréquentation humaine bien avant la montée des eaux, lorsque la mer Méditerranée était environ 120 mètres plus basse qu’aujourd’hui.
Les traces retrouvées dans la grotte (foyers, charbons, ossements) prouvent que ce lieu sacré était régulièrement visité. Les sociétés paléolithiques y réalisaient leurs œuvres pariétales, dont les célèbres 3 grands pingouins et les 9 phoques. Cette occupation préhistorique fait de Cosquer la seule grotte ornée du sud-est de la France.
