Tarasque : légende, origine et fêtes de la créature provençale

La Tarasque est une créature légendaire qui terrorisait la Provence au XIIe siècle.

  • Source écrite principale : la Légende dorée de Jacques de Voragine (1260).
  • Ses dimensions : 15 mètres de haut et 20 mètres de long.
  • Actions destructrices : tuait passants et coulait les bateaux sur le Rhône.
  • Vaincue par Sainte Marthe au Ier siècle avec de l’eau bénite.
  • Fêtes officialisées le 14 avril 1474 par le roi René.

Légende et mythe de la Tarasque

Origine et apparition du mythe

Le mythe de la Tarasque plonge ses racines dans la Provence du XIIe siècle. La créature légendaire aurait élu domicile sur les bords du Rhône, non loin de la ville de Tarascon. La source écrite la plus célèbre de ce récit est la Légende dorée, écrite par Jacques de Voragine dans les années 1260. Ce texte fondateur décrit l’apparition de la bête et la terreur qu’elle imposait aux habitants de la région. Plus tard, vers 1500, une illustration du Livre d’heures d’Henri VIII représente la créature, confirmant l’ancrage de cette légende dans l’imaginaire médiéval européen.

Les attaques et la terreur semée

La Tarasque n’était pas une simple créature mythologique : elle semait activement la désolation. Ses actions destructrices sont rapportées en détail dans les textes anciens :

  • Tuait passagers et passants : elle dévorait quiconque s’approchait de son antre
  • Coulait les bateaux : elle attaquait les embarcations sur le Rhône
  • Haleine putride mortelle : son souffle empesté suffisait à tuer les hommes
  • Semait la terreur à Tarascon : la population vivait dans la peur constante
  • Apparaissait dernière semaine juin : depuis 1946, la créature ressurgit chaque année lors des fêtes

La bête, décrite comme plus grosse qu’un bœuf, était capable de dévaster des villages entiers. Selon la légende, elle mesurait 15 mètres de haut et 20 mètres de long, avec un poids estimé à plusieurs centaines de tonnes. Aucune arme humaine ne pouvait la vaincre : les lances se brisaient sur sa carapace et les épées ne faisaient que l’irriter. La terreur qu’elle inspirait ne prit fin qu’avec l’intervention de Sainte Marthe, dont l’histoire est racontée en détail dans la section suivante.

Sainte-Marthe et la Tarasque

tarasque

Au Ier siècle, Sainte Marthe arrive de Palestine à Tarascon. Selon la Légende dorée, elle trouve la région terrorisée par une créature dévastatrice. La sainte, réputée pour sa foi, décide d’affronter le monstre sans violence.

Sainte Marthe surprend la Tarasque dans son repaire et l’asperge d’eau bénite. Cette action rend la bête docile et inoffensive. Les villageois, voyant la créature maîtrisée, la dépècent sur place. La fête de Sainte Marthe se célèbre chaque 29 juillet en mémoire de cet exploit fondateur.

Fêtes et festivités de la Tarasque

  • Instituées le 14 avril 1474 : le roi René officialise les Jeux et courses de la Tarasque par lettres patentes.
  • Au moins 7 fois par siècle : la fête se perpétue selon une fréquence variable, avec des éditions majeures en 1846, 1861, 1891 et 1946.
  • Dernier week-end de juin : depuis 1946, les festivités se déroulent à cette période, clôturant la saison printanière.
  • Effigie en bois puis métal : la créature processionnelle est d’abord taillée dans le bois, avant d’être réalisée en métal pour en assurer la durabilité.
  • Tirée par les Tarascaïres : ces porteurs du char manœuvrent la tarasque dans les rues de Tarascon, une tradition qui implique une force collective.
  • Patrimoine culturel immatériel français : la fête est inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel, et les Géants et dragons processionnels sont reconnus par l’UNESCO en novembre 2005.

Les festivités reposent sur une procession spectaculaire : l’effigie, véritable sculpture animée, est promenée à travers la ville, rappelant la captation du monstre par Sainte Marthe. Les Tarascaïres tirent le char sur un parcours rituel, tandis que des figurants costumés reconstituent les épisodes de la légende. L’ambiance mêle ferveur religieuse, jeux populaires et animations médiévales, attirant des milliers de visiteurs. L’UNESCO souligne ainsi la dimension identitaire de cette tradition vivante, qui mêle foi chrétienne et héritage païen depuis près de 500 ans.

Description physique de la Tarasque

Partie du corps Description Particularité
Tête Lion Crinière hirsute
Corps Carapace de tortue Écailles épaisses
Pattes Six pattes griffues Pattes d’ours
Queue Serpent à anneaux Dard de scorpion
Haleine Putride et fumée Pestifère
Taille Plus gros qu’un bœuf 15 mètres de haut

La créature atteint une longueur impressionnante de 20 mètres et pèse plusieurs centaines de tonnes, selon les récits médiévaux. Sa bouche exhale une haleine putride capable d’empoisonner l’air sur des lieues à la ronde. Les légendes décrivent son corps recouvert d’écailles dures comme de l’acier, rendant toute attaque inefficace. Ses six pattes lui permettent de se déplacer aussi bien sur terre que dans les eaux troubles du Rhône, où elle embusque ses proies. Le dard venimeux de sa queue de serpent ajoute une arme mortelle à son arsenal déjà terrifiant.

Cette anatomie hybride lion, tortue, ours, serpent, scorpion n’est pas le fruit du hasard. Chaque élément puise dans des bestiaires antiques et des symboles chrétiens, faisant de la Tarasque un concentré de tous les dangers que la nature peut opposer à l’homme. La description physique de la Tarasque varie légèrement selon les sources, mais l’image d’un monstre aux six pattes reste constante depuis le IIe siècle et les premières mentions du lieu-dit Tarouscon. Les fêtes de Tarascon perpétuent ces détails anatomiques jusque dans la construction du mannequin processionnel, qui respecte scrupuleusement la tradition : tête de lion, carapace de tortue et queue serpentine.

Origines et étymologie

Étymologie du nom Tarasque

Le nom de la créature est étroitement lié à celui de la ville de Tarascon, qui possède 2000 ans d’histoire. La plus ancienne attestation connue du toponyme remonte au IIe siècle, sous la forme Tarouscon, rapportée par le géographe grec Strabon. Au IVe siècle, la forme Tarascone est attestée.

L’étymologie du mot reste débattue. Certains linguistes le rattachent à taurus (le taureau, en latin), tandis que d’autres y voient une racine pré-indo-européenne *tar-, souvent associée à des éléments rocheux ou à des lieux élevés. Cette racine ancienne suggère que le nom existait avant la conquête romaine.

Représentations antiques et héritage

Le mythe de la Tarasque s’ancre dans un imaginaire bien plus vieux que le récit chrétien. Plusieurs témoignages archéologiques et artistiques en attestent :

  • Tarasque de Noves sculpture en pierre datant du Ier siècle avant notre ère, découverte en 1849. Elle représente un monstre dévorant un homme
  • Tarasca en Espagne effigie similaire portée en procession lors de la Fête-Dieu, dès le XVIe siècle
  • Livre d’heures d’Henri VIII illustration de la Tarasque vers 1500, témoin de sa diffusion dans l’Europe royale
  • Pseudo-Marcella textes latins datés de 1187 et 1212 ou 1221, qui rapportent la légende de Sainte Marthe

Ces sources montrent que la Tarasque de Noves, taillée dans la pierre il y a plus de deux millénaires, est l’un des plus anciens vestiges d’une figure monstrueuse que la Provence a ensuite christianisée et célébrée. Le passage de la bête païenne au dragon dompté par une sainte illustre comment un mythe local s’est transformé en un patrimoine vivant, classé à l’UNESCO en novembre 2005 au titre des Géants et dragons processionnels.

FAQ Questions fréquentes sur la Tarasque

Qu’est-ce qu’une Tarasque exactement ?

La Tarasque est une créature légendaire monstrueuse de la Provence médiévale. Selon la légende, elle possède le corps d’un taureau couvert d’écailles de tortue, une tête de lion avec des oreilles de cheval, six pattes d’ours et une queue de serpent. Ce dragon aquatique terrorisait la région de Tarascon avant d’être dompté par sainte Marthe.

La Tarasque a-t-elle réellement existé ?

Non, la Tarasque n’a jamais existé réellement. Il s’agit d’une créature mythologique forgée par la tradition orale provençale au Moyen Âge. Son histoire mêle des croyances populaires, des récits hagiographiques chrétiens et des symboles païens, mais aucune preuve archéologique ou historique ne confirme son existence physique.

Qui étaient les Tarasques ?

Le terme « Tarasques » est parfois utilisé au pluriel pour désigner les habitants de Tarascon, par analogie avec la créature locale. Dans la mythologie, le singulier « Tarasque » renvoie à un seul monstre. Aujourd’hui, les Tarasques sont aussi les participants costumés lors des fêtes traditionnelles, portant la grande effigie de la bête dans les rues.

Quelle est la taille d’une Tarasque ?

Les descriptions médiévales ne donnent pas de taille précise, mais elle est représentée comme une énorme bête, parfois haute de plusieurs mètres. Les effigies modernes utilisées lors des processions mesurent généralement entre 4 et 7 mètres de long. Son gigantisme symbolise la terreur qu’elle inspirait, capable de détruire des bateaux sur le Rhône.