La technique de pêche à la palangre en Méditerranée : définition, espèces et réglementation

La palangre est une ligne mère avec hameçons appâtés, posée au fond ou en surface.

  • Cible requin, roussette, raie, congre, dorade en Méditerranée.
  • Peut mesurer plusieurs kilomètres de long avec des centaines d’hameçons.
  • Utilise des appâts comme calmar, seiche ou petits poissons pélagiques.
  • L’immersion optimale dure entre une heure trente et deux heures.
  • Les prises accessoires impactent requins, raies et juvéniles.

Qu’est-ce que la palangre et quelles espèces cible-t-elle en Méditerranée ?

  • Ligne mère avec hameçons appâtés : la palangre repose sur un principe simple : une ligne principale, appelée ligne mère, sur laquelle sont fixés des avançons terminés par un hameçon appâté.
  • Peut être posée au fond, en surface ou en pleine eau : selon l’espèce recherchée, l’engin est calé sur le fond, dérivant en surface ou maintenu à une profondeur intermédiaire grâce à des flotteurs et des plombs.
  • Cible : requin, roussette, raie, congre, dorade : en Méditerranée, cette technique vise aussi bien les poissons de fond (congre, roussette) que les poissons pélagiques (dorade, thon) ou les grands prédateurs (requin).
  • Peut mesurer plusieurs kilomètres de long : la ligne mère peut atteindre plusieurs kilomètres, capable de déployer des centaines d’hameçons régulièrement espacés.
  • Appâts : calmar, seiche, petits poissons pélagiques : les appâts privilégiés sont les céphalopodes et les poissons gras, dont l’odeur et la tenue sur l’hameçon attirent les prédateurs.

Les impacts environnementaux de la palangre : prises accessoires et oiseaux marins

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La palangre, bien que sélective, n’est pas sans conséquences. Les prises accessoires constituent la principale critique : des espèces non ciblées comme les requins, les raies ou les juvéniles de poissons commerciaux sont capturées et souvent rejetées mortes. Ce gaspillage affecte directement l’équilibre des populations marines.

Les oiseaux marins sont aussi gravement menacés. Attirés par les appâts en surface, ils se font accrocher et noyer. Certaines palangres tuent ainsi des centaines d’oiseaux par campagne, dont des espèces déjà vulnérables. Il est estimé que 10 % du poids total des déchets plastiques océaniques provient d’engins de pêche perdus ou abandonnés, ce qui aggrave l’impact sur la faune.

Pour réduire ces dégâts, des solutions existent comme le choix d’appâts moins attractifs pour les oiseaux ou l’immersion rapide des lignes. Une immersion optimale dure entre une heure trente et deux heures, limitant le temps d’exposition des hameçons. Ces pratiques, bien que perfectibles, permettent de concilier rendement et pêche plus responsable.

Les différents types de palangres : pélagique, démersale et dérivante

Si la palangre repose toujours sur le même principe – une ligne mère pouvant atteindre plusieurs kilomètres de long, équipée d’hameçons régulièrement espacés – c’est sa position dans la colonne d’eau qui détermine son nom et son usage. En Méditerranée, on distingue principalement les montages pélagiques et démersaux, chacun répondant à un comportement alimentaire spécifique des poissons.

Palangre dérivante et palangre de surface

La palangre dérivante, aussi appelée palangre de surface ou pélagique, est conçue pour flotter librement ou suivre le courant à une profondeur réglable. Elle cible les grands prédateurs pélagiques comme le thon rouge, l’espadon ou la dorade royale. Grâce à des flotteurs intermédiaires, la ligne mère reste tendue entre la surface et la pleine eau, ce qui permet de présenter l’appât dans la zone où ces espèces se nourrissent. Ce type de montage nécessite un contrôle permanent pour éviter les dérives excessives et les risques de perte d’engin.

Palangre démersale (de fond)

À l’opposé, la palangre démersale repose sur le fond marin, maintenue par des plombs régulièrement espacés. Elle vise les espèces benthiques ou semi-benthiques : congre, roussette, raie, merlan ou encore dorade grise et pageot. La ligne mère est généralement plus courte que celle d’une palangre pélagique, mais son nombre d’hameçons peut rester élevé. L’immersion dure en moyenne une heure trente à deux heures, une durée de travail recommandée pour limiter la prédation des crustacés et la dégradation des appâts. Un mouillage précis est indispensable pour ne pas accrocher des obstacles naturels (roches, épaves) ou des câbles sous-marins.

Quels appâts choisir et comment monter un bas de ligne ?

Le choix de l’appât et le montage du bas de ligne sont deux facteurs déterminants pour une pêche efficace en Méditerranée. Ils conditionnent directement l’attractivité de votre palangre et la réussite de votre session. Voici les éléments essentiels à maîtriser.

  • Appâts : calmar, seiche, petits pélagiques Le calmar et la seiche sont des appâts universels et très résistants, idéaux pour résister aux courants et aux morsures. Les petits poissons pélagiques comme le maquereau, la sardine ou l’anchois sont également très efficaces, notamment pour les palangres dérivantes. Privilégiez des appâts frais ou bien conservés pour maximiser leur pouvoir attractif.
  • Émerillon anti-vrille sur l’avançon L’émerillon est un accessoire indispensable. Placé entre la ligne mère et l’avançon (bas de ligne), il empêche le vrillage de ce dernier sous l’effet des courants ou des mouvements du poisson. Cela évite les emmêlements et maintient une présentation naturelle de l’appât.
  • Bas de ligne court pour palangre de fond Pour une palangre démersale posée sur le fond, utilisez un bas de ligne court (30 à 60 cm). Cela permet de maintenir l’appât près du substrat, là où se tiennent les espèces comme la dorade, le congre ou la roussette, et réduit les risques d’accrochage dans les roches.
  • Avançon long si palangre dérivante Pour une palangre dérivante ou de surface, optez pour un avançon long (1 à 2 mètres). Cette longueur offre une plus grande liberté de mouvement à l’appât, le rendant plus naturel et attractif pour les poissons pélagiques. Elle permet aussi de présenter l’appât à différentes profondeurs dans la colonne d’eau.

Réglementation de la palangre en Méditerranée

La pêche à la palangre en Méditerranée est strictement encadrée pour les professionnels. L’arrêté du 15 juillet 2010 impose un permis obligatoire pour cibler les grands migrateurs pélagiques comme le thon rouge ou l’espadon.

Pour les pêcheurs de loisir, la réglementation varie selon les pays. En France, l’usage de la palangre est souvent limité à un nombre restreint d’hameçons. Il est impératif de consulter les préfectures maritimes locales avant toute sortie.

Les professionnels doivent déclarer leurs captures et respecter des quotas stricts. Des mesures spécifiques visent à réduire les prises accessoires, notamment l’utilisation d’hameçons circulaires et de dispositifs d’effarouchement pour protéger les oiseaux marins.

Questions fréquentes sur la pêche à la palangre en Méditerranée

Quel appât utiliser pour une palangre en Méditerranée ?

Les appâts les plus efficaces sont le maquereau, le hareng, la sardine, le calamar et le poulpe, selon l’espèce ciblée. Les appâts frais ou congelés, bien fixés sur l’hameçon, optimisent les résultats.

Quels sont les inconvénients de la pêche à la palangre ?

Les principaux inconvénients incluent les prises accessoires de dauphins, tortues et oiseaux marins, la perte de matériel (fils fantômes) et la capture d’espèces protégées. Une utilisation réglementée limite ces impacts.

Comment fonctionne la technique de pêche à la palangre ?

La palangre est une ligne principale, horizontale et immergée, sur laquelle sont fixés des avançons (bas de ligne) terminés par des hameçons appâtés. Elle est mouillée entre des bouées de surface et relevée après quelques heures.

Combien de temps faut-il laisser une palangre en mer ?

Le temps d’immersion varie de 30 minutes à 12 heures, selon l’espèce ciblée et la saison. Pour les poissons nobles comme le thon rouge, une durée de 4 à 8 heures est courante pour éviter la prédation par les requins ou la détérioration des prises.